Bercée d'une étrange insomnie,
Dans le creux de la nuit je fuis
Les voyages de mes envies,
Sur le dos de mon wagon-lit...
J'ai déserté ce jour, la nuit,
Là où le monde se finit
Dans les volutes infinies
De nos rêves inaccomplis,
Dans l'illusion de la somnie...
Rien n'est à rechercher ici !
Seulement des bribes de vie,
Enterrés par les scénarii
De cette âme qui s'accomplit
Dans le miroir de notre esprit...
De ces bribes qui sont cueillies
Aux mains de l'ombre anéantie,
Je viens consoler Ophélie,
Dans le lit éternel d'eau qui luit,
Les étoiles tombant en pluie
Sur son bleu sommeil infini,
Le seul où le rêve se finit...
Et bercée par le clapotis
Léger du ruisseau où elle gît,
Seule elle, sait ce qu'est la nuit...
De la pensée s'évanouit
Le présent, pour ce qui s'oublie:
Ce parfum que j'ai ressenti,
Ces mains pâles que j'ai saisies,
Ces seins chauds dont mon corps bouillit,
Et ce cul auquel j'ai dit oui !
Cette nuit je n'ai pas dormi;
J'ai été soulevé, saisi,
Et éblouit, et ébahit
D'un grand soir de mélancolie...