Cette béance où se dévide mon esprit, Me pousse chaque jour un peu plus vers le bout, Et la vie me paraît amère tout à coup Car nous ne serons jamais dans le même lit...
Comme la mer creuse des baies dans la falaise, Tu as creusé en moi un vide que tu comblais. Et la mère se retire sous la Lune embrumée, Toi tu pars, laissant en moi un profond malaise.
Il y a cette absence, ce qu'on ne peut plus voir, Et on vit alors de souvenirs et d'espoirs. On a l'impression qu'on survit dans le noir, Plus rien n'a de goût ni à manger et à boire.
Je ne t'en veux pas de m'avoir laissé ici, Mais je ne fais que souffrir en pensant à toi, Alors je ne vit que d'espoirs d'un toi et moi, Se serrant dans les bras, à nouveau réunis...